{"id":395,"date":"2016-09-06T08:22:46","date_gmt":"2016-09-06T07:22:46","guid":{"rendered":"http:\/\/nathaliedesmet.fr\/?p=395"},"modified":"2016-09-06T08:22:46","modified_gmt":"2016-09-06T07:22:46","slug":"article-printemps-de-lart-contemporain-marseille-printemps-2016","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/nathaliedesmet.fr\/blog\/article-printemps-de-lart-contemporain-marseille-printemps-2016\/","title":{"rendered":"ARTICLE> Printemps de l\u2019art contemporain, Marseille, printemps 2016"},"content":{"rendered":"<p id=\"page-title\" class=\"title\">Le\u00a0<em>Printemps de l\u2019art contemporain<\/em>\u00a0(PAC) permet encore cette ann\u00e9e de mesurer le dynamisme et l\u2019\u00e9tendue de la sc\u00e8ne marseillaise. Ce rendez-vous unique regroupe trente-sept lieux allant des plus grandes institutions de la ville aux plus petites structures associatives. Le PAC permet aussi bien d\u2019aller \u00e0 la rencontre de structures de soutien de la cr\u00e9ation \u00e9mergente, comme l\u2019atelier de production Ni ou l\u2019association Ast\u00e9rides, que de visiter les grandes institutions de la ville, comme le Fonds R\u00e9gional d\u2019Art Contemporain, le Mus\u00e9e d\u2019Art Contemporain ou le MUCEM, entr\u00e9 dans le r\u00e9seau r\u00e9cemment. Bien que proposant une exposition int\u00e9ressante autour de Jean Genet, celui-ci a rat\u00e9 son rendez-vous avec l\u2019art contemporain cette ann\u00e9e. La profusion de l\u2019offre et la diversit\u00e9 des moyens donnent in\u00e9vitablement lieu \u00e0 une forte disparit\u00e9 dans la qualit\u00e9 des propositions. L\u2019ampleur de la t\u00e2che consistant \u00e0 f\u00e9d\u00e9rer pr\u00e8s de quarante structures \u00e9tant telle, que le Printemps a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 cette ann\u00e9e s\u2019associer aux festivit\u00e9s de l\u2019ann\u00e9e France-Cor\u00e9e, plut\u00f4t que de confier le programme \u00e0 un commissaire g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<div id=\"node-3583\" class=\"node node-webzine node-promoted view-mode-full clearfix\">\n<div class=\"content\">\n<div class=\"field field-name-field-webzine-lieu field-type-text field-label-hidden\">\n<div class=\"field-items\">\n<div class=\"field-item even\">\n<p>Le Mus\u00e9e d\u2019Art Contemporain (MAC) a jou\u00e9 le jeu avec une exposition des travaux de Cody Choi.\u00a0<em>Culture Cuts<\/em>\u00a0reprend le parcours de cet artiste cor\u00e9en, immigr\u00e9 aux Etats-Unis au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, \u00e9tudiant de Mike Kelley, m\u00e9connu en France, qui m\u00e9rite assur\u00e9ment une meilleure consid\u00e9ration. Son \u0153uvre se d\u00e9ploie autour d\u2019un va-et-vient entre les questions d\u2019assimilations et de rejets culturels dans lequel son corps et sa tuyauterie digestive lui sert de m\u00e9taphore dans une perspective anthropophagique assez proche des th\u00e9ories d\u2019Oswald de Andrade.<\/p>\n<p>Un autre point notable du Printemps cette ann\u00e9e est relatif \u00e0 la visibilit\u00e9 donn\u00e9e aux collections priv\u00e9es qui participent au dynamisme de la sc\u00e8ne marseillaise. Le fonds de dotation M-ARCO montre par exemple une exposition importante de travaux de l\u2019artiste suisse Helmut Federle. Mais c\u2019est surtout \u00e0 travers l\u2019exposition\u00a0<em>Les Poss\u00e9d\u00e9s<\/em>, que Sextant et Plus organise \u00e0 la Friche Belle de Mai, que l\u2019on mesure la place accord\u00e9e aux collectionneurs. Une soixantaine d\u2019\u0153uvres permet de d\u00e9couvrir les tendances et les influences des collections les plus importantes du sud de la France. Le choix curatorial a consist\u00e9 \u00e0 montrer les affinit\u00e9s parfois troublantes d\u2019une collection \u00e0 l\u2019autre, se traduisant par la r\u00e9currence de certains noms assur\u00e9ment consid\u00e9r\u00e9s comme des valeurs s\u00fbres, au d\u00e9triment d\u2019artistes moins renomm\u00e9s, pr\u00e9sents en parcimonie dans l\u2019exposition.<\/p>\n<p>Bien qu\u2019il n\u2019y ait pas de commissariat g\u00e9n\u00e9ral pour la pr\u00e9sente \u00e9dition, plusieurs projets interrogent de mani\u00e8re fortuite la question de l\u2019utopie et de la contre-utopie. De l\u2019utopie de la vie \u00e0 deux, que l\u2019artiste cor\u00e9enne Park Ji Hye interroge \u00e0 travers une vid\u00e9o maitris\u00e9e, froide et \u00e9motionnellement d\u00e9rangeante (<em>La Compagnie<\/em>), aux utopies plus politiques que Louise Herv\u00e9 et Chlo\u00e9 Maillet mettent en sc\u00e8ne dans la vid\u00e9o\u00a0<em>Spectacles sans objets<\/em>\u00a0(Rond-Point Projects) dans laquelle les utopies sous-jacentes \u00e0 l\u2019invention de la performance sont d\u00e9crypt\u00e9es en regard de trois p\u00e9riodes d\u00e9terminantes de l\u2019histoire, le mouvement puritain anglais du 17e si\u00e8cle, la r\u00e9volution fran\u00e7aise avec l\u2019atelier de Jacques-Louis David et le saint-simonisme. On se surprend avec ces sc\u00e8nes de reconstitutions historiques \u00e0 comprendre la proto-histoire de la performance et sa dimension \u00e9minemment politique. Qui a invent\u00e9 la performance ? Une r\u00e9ponse tr\u00e8s s\u00e9rieuse qui contient aussi une dimension humoristique qui tend \u00e0 l\u2019autod\u00e9rision pour ce duo d\u2019artistes.<\/p>\n<p>Le travail de Anne-Val\u00e9rie Gasc,\u00a0<em>Les larmes du Prince<\/em>, pr\u00e9sent\u00e9 par la galerie Gourvennec Ogor, fascine par sa finesse et par sa capacit\u00e9 l\u00e0 encore \u00e0 montrer les paradoxes de l\u2019utopie. Subjugu\u00e9e par le potentiel de destruction contenu dans toute utopie, Gasc en explore les chainons manquants dans l\u2019architecture.\u00a0<em>La Cha\u00eene de verre<\/em>, correspondance \u00e9pistolaire entre treize architectes r\u00e9alis\u00e9e autour de Bruno Taut en 1919, est le point de d\u00e9part d\u2019un travail tr\u00e8s po\u00e9tique sur la r\u00e9sistance et la fragilit\u00e9 du verre, mat\u00e9riau porteur des plus grandes utopies. Les treize architectes sont associ\u00e9s \u00e0 des \u00ab larmes de verre \u00bb ou larmes bataviques, obtenues en laissant tomber du verre en fusion dans de l\u2019eau froide. Ces gouttes une fois fig\u00e9es sont r\u00e9put\u00e9es pour \u00eatre \u00e0 la fois tr\u00e8s r\u00e9sistantes et tr\u00e8s fragiles \u00e0 certains points de contact. Complexes malgr\u00e9 leur apparence l\u00e9g\u00e8re, elles ont la particularit\u00e9 d\u2019exploser et non de se casser simplement ; elles deviennent alors la m\u00e9taphore d\u2019une architecture de verre dystopique, dont la transparence est en fait li\u00e9e \u00e0 une implosion potentielle.<\/p>\n<p>L\u2019artiste Cari Gonzales-Casanova, pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 l\u2019American Gallery, travaille autour des dispositifs de la parano\u00efa et de la peur collectives dans ses aspects les plus s\u00e9rieux, mais aussi les plus absurdes. Le camouflage est le point d\u2019entr\u00e9e d\u2019un questionnement que l\u2019on retrouve dans toute son ampleur dans un livre d\u2019artiste\u00a0<em>Home Guard Manual of Camouflage : Manuel de camouflage pour la protection du territoire<\/em>\u00a0pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 l\u2019occasion.<\/p>\n<p>Enfin, la M\u00e9diterran\u00e9e \u00e9tant toujours \u00e0 l\u2019honneur \u00e0 Marseille, certains lieux permettent de d\u00e9couvrir les jeunes artistes prometteurs du sud de la France. Le travail de Thomas Teurlai, gagnant des prix des ateliers de la ville de Marseille l\u2019an dernier fait l\u2019objet d\u2019une exposition au Mus\u00e9e Cantini. On y retrouve\u00a0<em>Bullroarer<\/em>, nom d\u2019un instrument \u00e0 vent primitif ici recompos\u00e9 avec une paire de baskets reli\u00e9e \u00e0 des pales de ventilateur, peu d\u2019\u00e9l\u00e9ments qui ouvrent cependant une r\u00e9flexion anthropologique efficace sur nos rituels contemporains. Le Ch\u00e2teau de Servi\u00e8res propose de son c\u00f4t\u00e9 un retour de Biennale avec la s\u00e9lection des artistes fran\u00e7ais ayant particip\u00e9 \u00e0 la Biennale M\u00e9diterran\u00e9a 17, une biennale d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la cr\u00e9ation \u00e9mergente de pays m\u00e9diterran\u00e9ens. La s\u00e9lection fran\u00e7aise visible au Ch\u00e2teau regroupe neuf artistes, parmi lesquels Floryan Varennes, Emanuela Meloni ou Vincent Ceraudo.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ni, Ast\u00e9rides, Fonds R\u00e9gional d\u2019Art Contemporain, MUCEM, Mus\u00e9e d&rsquo;art contemporain de Marseille, M-ARCO, Friche Belle de Mai, Galerie Gourvennec Ogor, American Gallery, Mus\u00e9e Cantini, Ch\u00e2teau de Servi\u00e8res.<\/p>\n<p>publier sur le site d&rsquo;esse magazine :\u00a0http:\/\/esse.ca\/fr\/printemps-de-lart-contemporain-marseille<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le\u00a0Printemps de l\u2019art contemporain\u00a0(PAC) permet encore cette ann\u00e9e de mesurer le dynamisme et l\u2019\u00e9tendue de la sc\u00e8ne marseillaise. Ce rendez-vous unique regroupe trente-sept lieux allant des plus grandes institutions de la ville aux plus petites structures associatives. 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